Pour
justifier cette page (qui est longue mais nécessaire je
pense),
je vais d'abord vous faire part d'une anecdote difficile à
croire et pourtant authentique :
Il
y a
quelques années, une brave dame s'étonnait de
voir mourir régulièrement et
rapidement les mandarins qu'elle installait amoureusement dans une cage
de bonne taille et bien entretenue. Me faisant remarquer que la
mangeoire
était pleine et que l'abreuvoir contenait de l'eau, elle ne
comprenait pas.
La mangeoire était pleine en effet, mais de cosses de
graines,
vides bien sûr. De bonne foi, la dame attendait que
la
mangeoire soit vide pour la remplir. Evidemment les pauvres
oiseaux crevaient car ils n'avaient rien à manger.
Ce
qui prouve que quelques
conseils élémentaires
sont toujours nécessaires.
Si cette personne avait su qu'il était nécessaire
de
vérifier
le contenu de la mangeoire en éliminant les cosses vides,
ses
mandarins seraient toujours en vie.
Avant de décider
d'avoir des oiseaux, il faut d'abord savoir
si
on a le temps et envie de s'en occuper, se renseigner auprès
d'amateurs
éclairés, ou dans les ouvrages
spécialisés,
pour savoir comment loger et comment nourrir l'espèce que
l'on a
choisie.
Les vendeurs en animalerie n'ont pas toujours les
compétences requises et de plus ils sont là pour
vendre!
Par exemple, les becs crochus ne
sont pas des oiseaux de cage (à
part certaines petites espèces)
mais ont besoin d'une volière qui corresponde
à
leur taille. Même les inséparables les plus
courants
(Roseicolis, Fischers, Personatas) sont plus à l'aise dans
une
volière d'1 à 1,20 mètre de long au
minimum sur
0,50m de large et 0,60m de haut pour un ou deux couples au
maximum.
Personnellement je ne suis pas partisan de l'élevage en
batterie
pour les Inséparables.
Un oiseau est fait pour voler (c'est
original, non?). Je veux dire que
les volière étroites et hautes (avec ou sans toit
en
forme de pagode !) sont une
hérésie, et
pourtant la
majorité de celles qui sont commercialisées ne
sont pas
assez longues. Sauf pour aller au sol, un oiseau vole horizontallement.
C'est un être vivant et non un bibelot. Son confort
passe
avant une conception de l'esthétisme qui n'a rien
à voir avec les besoins des oiseaux.
Conserver des oiseaux demande un
peu de temps, ce sont des animaux qui
salissent beaucoup. Il semble logique de se renseigner sur les
cohabitations possibles entre espèces au niveau de la taille
déjà, et de l'agressivité possible
(surtout en
période de reproduction).
Entreprendre leur reproduction
nécessite
encore plus de temps et du bon sens, plus que de véritables
connaissances. Il faut savoir OBSERVER, on apprend et on
comprend ainsi
beaucoup de choses.
Puisqu'il est question de
reproduction, je voudrais donner ici un
conseil à ceux qui veulent élever des
Inséparables
(C'est d'ailleurs valable pour de nombreuses autres espèces).
Le meilleur moyen de mal
débuter et d'aller vers des
déboires est de chercher à se procurer
un
mâle et une femelle; à moins de trouver un couple
formé qui a déjà reproduit (ce qui
n'est pas
facile sans connaître un amateur qui arrête son
élevage) . Méfiez-vous de ne pas
tomber sur des
vieux couples ou des "mauvais" couples.
Les mariages forcés,
je
l'ai déjà écrit dans le chapitre
INSEPARABLES (Agapornis) ne
"marchent" pas toujours. On croit faire des économies et on
se
trompe.
Procurez-vous 4 à 6
jeunes, non consanguins de
préférence, en demandant à
l'éleveur
d'essayer de vous choisir si possible autant de mâles que de
femelles
et laisser faire la nature en laissant les couples se former par
affinité. Il est honnêtement difficile de
reconnaître le sexe chez les inséparables jeunes.
L'an
dernier, l'éleveur qui m'a procuré mes souches de
Fischers et de Personatas quand j'ai démarré
a eu
(une fois de plus) une belle femelle Fisher
déclarée
champion. L'oiseau s'est révélé par la
suite
être un
mâle d'une taille peu commune, et pourtant
l'éleveur est
spécialisé dans l'élevage des
Inséparables
depuis plus de 30 ans!
C'est
pourquoi, les jeunes Agapornis (Fischers et Personatas) que je propose sont
sexés par ADN
En définitive le
surcoût n'est pas terrible et la
réussite est pratiquement assurée, avec en prime
la possibilité
d'avoir la chance d'obtenir 2 ou 3 couples bien formés avec
des oiseaux qui se sont
choisis.
Encore une anecdote: une de
mes premières femelles Personata
étant devenue "veuve" a attendu 3 ans avant de se choisir un
nouveau partenaire. (Pas folle d'ailleurs, elle a jeté son
dévolu sur un petit jeune superbe que j'avais
décidé de conserver).
Il existe aussi des "faux
couples". Si vous trouvez plus de 7 oeufs
dans un nid bien construit , c'est que vous avez
affaire à 2 femelles. De même 2 oiseaux
"amoureux"
qui construisent un nid tout plat sont des mâles. Eh
oui,
chez les oiseaux aussi ça existe...
Enfin il est certain que dans un
couple formé
arbitrairement, le
mâle est parfois volage (inséparables
peut-être, mais
avec des limites!), ce qui entraine des conflits dans un
élevage
en colonie. Il faut parfois un certain temps pour comprendre ce qui se
passe.
Dans la mesure ou je peux vous
aider, n'hésitez pas
à me
contacter.
Visitez les expositions, prenez contact avec des éleveurs
sérieux
pour
éviter de faire des erreurs, involontaires
évidemment,
mais les oiseaux en subissent les conséquences.
Encore une fois ce sont des êtres vivants qui demandent des
soins
adaptés pour que leur existence ne soit pas un calvaire .
Les becs
crochus
peuvent vivre longtemps, de 10 à 15 ans
pour
les petites espèces jusqu'à plus de 80 ans pour
les
grosses espèces (perroquets, aras, cacatoes, etc..)
Un bon moyen pour ne pas faire
d'erreurs : adhérez
à une association ornithologique (il en existe partout).
Non seulement ça permet de
bénéficier
des conseils d'amateurs chevronnés mais aussi
d'échanger ses observations, ses expériences, de
partager
les petits "trucs" de chacun (on
apprend toujours quelque chose, et c'est beaucoup plus fiable que ce
qu'on trouve hélas trop souvent sur les forums d'internet).
Encore
un conseil important si vous
faites
l'élevage de vos oiseaux en volières
extérieures : Lorsque vous souhaitez vous
procurer des
nouveaux
sujets, demandez à l'éleveur qui vous les propose
si ses
oiseaux sont élevés en volière
extérieure.
En général, on se procure des jeunes de
l'année, de
septembre à novembre. Si les oiseaux proviennent de
volières intérieures, ils n'auront pas le temps
de
s'acclimater aux changements de température avant l'hiver.
Beaucoup ne résistent pas ou attrapent des
maladies : les
sujets élevés à l'extérieur
(avec abri bien
sûr) ont un plumage plus fourni, supportent mieux les
différences de température et deviennent plus
robustes .